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Plexus Story #5 : Sea, Wax & Sun... Diggin' trip en Californie

Une nouvelle Plexus Story* !

Itinéraire d'un disquaire en vadrouille sur la West Coast... Alors que les diggers ne jurent plus que par le Japon, le rêve américain de la chasse au vinyle aurait-il vraiment disparu ? Cap sur le sud de la Californie pour en avoir le coeur net !

Publié le 19 novembre 2025
par Plexus

Beat Box Records, San Diego, 2025

* C'est quoi les Plexus Stories ?
Prends un café, fais tourner un disque, installe-toi confortablement pour lire cet article : Plexus partage ses souvenirs, anecdotes et secrets de disquaire...

Parcourir un maximum de record shops en une semaine sur la côte ouest des USA... voilà un des diggin’trips les plus stimulants et excitants que j’ai pu faire ces dernières années. Alors que tout le monde a les yeux rivés sur le Japon, les USA semblent quelque peu délaissés par les collectionneurs et disquaires. L’époque des warehouses full de dead stocks, des collections de musiciens légendaires et des kilomètres de “dollar bin”parmi lesquels de nombreuses raretés et private press ont été découvertes serait, semble t’il, révolue. Alors, quoi de mieux qu’une semaine intense entièrement consacrée à la découverte du sud de la Californie pour se faire notre propre opinion ?

San Diego et son iconique shop : Folk Arts Records

Du haut de ses 1,4 million d’habitants, la capitale du “bien-vivre” aux States offre un grand nombre de disquaires et une scène musicale extrêmement riche : la dynamique culturelle hyperactive de “l’America's Finest City” a révélé des groupes tels que Thee Sacred Souls, ainsi que des producteurs, collectionneurs ou DJs tels que Mike Wallace ou Gaslamp Killer...

Day one, premier arrêt dans une boutique iconique de la ville : Folk ArtsRecords, située à quelques blocs du magnifique quartier North Park où je réside. Je pense qu’à lui seul, ce shop résume parfaitement l’image que l’on peut avoir de la démesure de la production musicale aux USA N’espérez pas pouvoir en parcourir le stock en une journée, ce serait peine perdue. Une petite sueur froide m’a parcouru le dos à la vision de ces pans de murs entiers remplis d’OST, Blues, Folk, Country, Vocal, le tout parfaitement classé alphabétiquement et par artistes. Sans compter sur les monumentaux bacs de Soul, Pop et Jazz qui paraissent rallonger au fur à et mesure que vous les parcourez.

De belles trouvailles à faire dans ce spot gigantesque mais beaucoup de boulot pour réussir à sortir des disques en très bon état. Car le premier constat à faire concernant les shops aux US, c’est qu’ils n’ont aucun complexe à vendre de la seconde-main très usée : disques non-nettoyés, remplis de scuffs ou clairement warped, sleeves déchirées et/ou taggées de writings, protection sous pochette plastique quasi-inexistante... sans oublier les étiquettes collées à même la couverture, impossibles à retirer sans la détériorer.

Attention, les prix sont bien proportionnels aux états, pas de problème de ce côté-là !
Seulement, un travail énorme de vérification est nécessaire si l’on est un tant soit peu attentif aux états.

Folk Art Records regorge bien évidemment de beaux disques, et la quantité énorme proposée à la vente reflète l’éclectisme et la curiosité de la team aux commandes de cette boutique. On est en quelque sorte à l’antithèse des boutiques japonaises où l’attention au détail est primordiale... et justement, quel plaisir ! En effet, pouvoir enfin retourner dans des boutiques “à l’ancienne” où il va falloir redoubler d’efforts, se salir les mains, passer des heures à bouger des caisses de disques et chercher un spot pour vérifier les états... voilà de quoi combler une véritable soif de digging.

Northpik Everything 2 Bucks : un chaos fascinant

Afin de parachever cette véritable expérience, rien de mieux que de retourner sur mes pas vers North Park pour franchir la porte d’une institution totalement freak : Northpik Everything 2 bucks. C’est un lieu unique au monde, au concept des plus simples : la boutique propose des disques, 33et 45trs, CDs et DVDs au prix unique de 2 dollars. Chaque fin de semaine, ce shop ouvre ses portes à 9H tapantes, avec une promesse de “nouveautés” à parcourir (même si ce terme ne reflète pas vraiment l’expérience).

À peine franchie la porte d’entrée, un mur haut d’une vingtaine de caisses U-Haul toutes bourrées à craquer bloque le passage. Il va falloir s’y attaquer si l’on souhaite pouvoir jeter un oeil sur le reste de la boutique qu’on aperçoit derrière. Chaque caisse déborde littéralement, et vous devrez redoubler d’efforts pour espérer regarder celles qui se font écraser en dessous de la première rangée.

Les habitués sont déjà là en train de retourner ces centaines de disques, certains portants masques et gants afin d’éviter la douche en rentrant. Je m’y attaque à mon tour et quelques heures après avoir parcouru la majorité de ces premières crates d’arrivages, il me reste encore un peu de courage pour explorer l’arrière boutique… mais je comprends très vite que cela va être totalement impossible.

Des dizaines et dizaines de caisses de disques empilées les unes sur les autres forment des blocs quasi-infranchissables au milieu de la boutique. De temps en temps, en se faufilant autour de ces masses imposantes, je repère une petite pile accessible pour espérer trouver une pépite. Il faut bien plus que du courage pour pouvoir espérer remonter dans le temps où ces cartons oubliés devaient être dans l’entrée de la boutique, il y a de nombreuses années désormais.

Au milieu de ce chaos organisé, une figure incroyable trône derrière ce qui a probablement été un bureau à une certaine époque mais qui ressemble plutôt aujourd’hui à la cabine de commande d’un sous-marin abandonné. L’un des boss du shop, au physique usé par des années de travail et bien plus, hausse la voix régulièrement pour partager avec les quelques courageux diggers encore présents des anecdotes croustillantes sur son ancienne vie de musicien, ses amourettes, ses déboires... avec un flegme totalement irrésistible digne des plus belles nouvelles de Bukoswki ou Henry Miller. Difficile de savoir s’il s’agit du patron, car quelques heures après l’ouverture un collègue du même acabit fait une apparition grandiose, espérant récupérer dans la caisse de quoi finir le mois sans être trop dans la galère (de ce que j’ai pu comprendre de leurs discussions entrecoupées de blagues salaces et chansonnettes touchantes).

Au bout d‘une heure ou deux, les clients habitués s’en vont, et je comprends qu’il n’y a que peu d’espoir de trouver plus de merveilles en s’enfonçant dans les méandres de la boutique. Peut-être une erreur de jugement de ma part, mais il aurait fallu passer une semaine entière pour espérer parcourir ne serait-ce que la moitié du stock entassé dans cette boutique surréaliste. Le timing de mon voyage me rappelle à l’ordre et je quitte tout de même l’endroit avec une centaine de classiques Pop, Rock, Soul & Funk, le sourire aux lèvres, rassuré qu’il existe encore de tels endroits, totalement libérés des conventions actuelles.

Surprise chez Beat Box

San Diego regorge de belles boutiques. Impossible de ne pas s’arrêter à Beat Box dans le Chicano Park (quartier mexicain incroyable où culture du graffiti, low riding, spiritisme et street food rythment le quotidien): avec ses caisses improbables de7inches collectors Soul/Funk gorgées de private press.

À ma première visite, grâce aux recommandations du patron, j’ai eu la chance de découvrir ce merveilleux single: “Breaking my heart in two” d’un certain Joe B (RIP à écouter ici). En extirpant ce bijou d’une box discrète dissimulée derrière son comptoir, le boss m’explique qu’il a patiemment retracé le parcours de vie de ce musicien de Country-Folk totalement anonyme jusqu’à le retrouver en personne... et mettre la main au passage sur les quelques disques que l’artiste avaient encore dans sa réserve personnelle.

L’annotation sur ce single “Private press - Ungoogable AOR Monster Track” ne pouvait qu’attiser ma curiosité et l’écoute confirma cette promesse de banger. Comme quoi, de très belles découvertes sont encore possibles grâce aux recherches de quelques passionnés !

De San Diego à Los Angeles

Toujours à San Diego, les shops Vinyl Junkies ou M-Theory (pour ne citer qu’eux) offrent de très belles sélections, que ce soit en seconde-main ou disques neufs. Mais l’envie de parcourir les boutiques de Los Angeles me pousse vers la capitale californienne. Après de nombreuses heures passées à me renseigner auprès de précieux contacts sur les enseignes indispensables à visiter, je me programme un petit itinéraire qui ne manque pas d’intensité : en moins de 48H, plus de 8 shops à parcourir, tous étalés aux 4 coins de cette ville tentaculaire... autant dire que le programme est serré !

Curieux d’en savoir plus sur les grosses pointures d’Instagram, je file à Record Safari à côté du Griffith Park. Que dire, si ce n’est que j’en suis sorti déçu et bredouille ? Ce n’était peut-être tout simplement pas le bon moment pour passer à cette boutique, mais en tout cas la sélection y est alors des plus banales, avec quelques japoniaiseries ici ou là pour dissimuler le manque d’identité de la sélection (cependant très large). Une fois encore, l’image véhiculée par ce genre de boutique sur Instagram ne semble malheureusement pas véritablement refléter la réalité de leur positionnement dans le marché.

Big Bang chez Atomic Records

Après avoir parcouru d’autres boutiques anecdotiques, je commence quelque peu à paniquer... jusqu’au moment ou je décide, sur les conseils de mon ami Michel de Klinkhamer Records d’aller à Atomic Records (North Hollywood). Grosse claque… Le mur de collectors est à couper le souffle, certainement l’un des plus beaux de la ville et au-delà. Et dans les bacs, que dire ? Une sélection des plus fines, avec des disques et des états plus que corrects. Au bout de quelques minutes à digger, je commence à avoir une pile bien lourde sous le bras et c’est à ce moment que l’un des boss du shop vient me voir pour me proposer une caisse.

J’en profite pour le féliciter pour la sélection et le sérieux de la boutique (la seule à avoir un éclairage correct pour vérifier les états des disques, là où la plupart des shops dissimulent leur faiblesse dans la pénombre). « Of course we are serious » me dit-il avec un grand sourire, une réponse parfaite. Il me laisse regarder les disques au mur sans aucune pression, le savoir-faire de plusieurs années d’expériences parle pour lui.

Ciblant très vite mes recherches, il me propose de me sortir plus de disques, notamment quelques raretés d’une des dernières collections qu’ils viennent de rentrer : tous les plus gros Strata East sont là, accompagnés de killer signés Steve Reid, Lloyd McNeil et autres spiritual jazz gems.

Atomic Records n’est pas devenu cette institution sans raison. Je passe quelques précieuses heures à fonddans leurs bacs pour ressortir avec une caisse pleine de magnifiques LPs de Jazz, Soul et Rock et un beaudiscount à la clef (chose rare aux USA) !

Permanent Records et Poobah, la fin du voyage

Un stop à Permanent Records s’avère tout aussi indispensable… leur sélection est également magnifique, avec une véritable identité dans leur catalogue et leurs choix de mises en avant. Quel plaisir de découvrir dans leurs bacs de réserve ces rangées entières de stock-copy de Nancy Sinatra, Bobbie Gentry ou encore Crosby solo. Et quel complexe incroyable : la boutique comporte une partie bar et salle de concert, ce qui fait de ce lieu un des piliers de la scène alternative californienne !

Dernier arrêt dans un autre spot historique de L.A pour un shop dont on n’entend au final que très peu parler désormais : Poobah records à Pasadena. Fer de lance du mouvement Beat dans les années 2000 (avec des génies tels que Ras G, Black Monk, Kutmah, ou encore Kankick) le label associé à ce shop resta pendant de nombreuses années une influence majeure au sein du Hip-Hop expérimental.

Mon passage au record store ne resta pas sans émotion en voyant dans la vitrine une SP1200 et MPC60, imaginant le défunt Ras G délivrer ses beats enfumés sur ces pads historiques.

Les bacs y sont plus que solides, et les prix défiant toute concurrence. Une vibe authentique se dégage de la boutique, et le boss est un véritable passionné. Après avoir échangé avec lui tout un moment sur l’âge d’or du label, il file dans son stockage pour en ressortir 2 références de Dakim et Co.Fee qu’il m’offre fièrement, de quoi finir ce diggin’ trip en beauté !

Quant aux autres boutiques que nous avons eu le temps de visiter, une note spéciale à Sibylline Records situé à Pasadena également. Dans une sorte de mini Face Records à la sauce américaine, j’y découvre une sélection fine et léchée, et un staff ultra friendly ! Le renouveau de LA passe par chez eux.

West Coast US, un Golden Dream au soleil couchant

Après avoir parcouru tous ces shops, écumé des tonnes d’Antiques malls, diggé chez des particuliers, et sillonné plus d’une bourse aux disques, je n’ai plus aucun doute. La Californie regorge de merveilles et n’a absolument pas à rougir face à l’empire nippon. Le terme de Golden Dream reste bel et bien d’actualité !

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